Chronique du portrait écrit de David, 3 ans

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Mon aventure de l’écriture de portraits d’enfants a débuté avec David, un petit garçon de seulement trois ans sur le papier.

 

Trois ans ? Un peu jeune pour parvenir à en dresser un portrait, serez-vous peut-être tenté.e de penser.
Loin de là ! L’âge importe peu. Et ne m’a pas absolument pas freinée dans mon envie et mon processus d’écriture.

 

Une écriture qui fait sens


J’avoue tout de même avoir considéré l'écriture de ce portrait comme un défi. Mais un bien joli défi, qu’aux dires de la maman de David, je suis parvenue à relever, ainsi qu’en témoignent les mots touchants qu’elle m’a adressés après la découverte du portrait de son fils :
« Je viens de lire le portrait de David. C'est magnifique et délicat, tendre et perspicace, subtil et puissant. Je suis très émue. Honorée aussi d'avoir eu la primeur de cette forme nouvelle que tu offres à ton grand talent. Merci de tout coeur. »

J’ai versé ma larme - eh oui, je suis un peu fleur bleue !
Et j’ai souri : j’étais heureuse que mes mots aient suscité tant d’émotions et que le portrait qui en était né ait sonné aussi juste.

Ce retour m’a confortée dans mon envie de poursuivre cette forme d’écriture qui fait tellement sens.

 

Une expérience précieuse pour les parents


Ma joie était d’autant plus grande que le préalable à la phase de rédaction - le questionnaire destiné à me permettre de faire connaissance sur le papier avec David et que j’avais adressé à sa maman - avait rendu cette dernière impatiente de découvrir le portrait :
« C’était très émouvant pour moi de répondre à ce questionnaire. Avant même de recevoir le portrait, cela donne à vivre une expérience précieuse au parent. On prend rarement le temps de réfléchir dans le détail à l’univers de notre enfant, à ce qui nous touche chez lui, à la magie qu’il nous apporte. Je dis merci à V comme Samedi pour ce beau moment (et j’ai hâte de découvrir le résultat !). »

J’étais d’autant plus ravie et émue moi-même de lire ces mots que c’était bien ainsi que j’avais pensé mon questionnaire et le moment qui lui serait consacré : une invitation pour les parents à prendre le temps de poser des mots sur la personnalité de leur enfant, de voir ce à quoi ils ne prêtent pas - ou plus - forcément attention, de réfléchir à toutes ces anecdotes et tous ces instants qui font la vie et l’histoire de l’enfant, de s’attacher à chercher en lui sa richesse.

 

De belles émotions à vivre


En constatant ce que ce premier « rendez-vous » avait provoqué chez la maman de David, je réalisais que mon projet de portraits non seulement tenait sa promesse, mais allait au-delà. Je l’avais pensé comme une bien belle façon d’apprendre à mieux se connaître au sein d’une famille et de célébrer l’affection portée à un enfant. Désormais, je découvrais que ma démarche permettait de faire émerger et vivre de belles émotions chez les parents, avant même que le portrait ne soit réalisé.

Lorsque je lus ensuite les réponses de la maman de David à mes questions, des réponses faites de mots sincères et touchants qui me donnaient à voir quel petit garçon était David, je fus très émue : je recevais ses confidences avec beaucoup de joie et de reconnaissance. Grâce à elles, j’entrais dans la vie d'un enfant que je ne connaissais pas. J’étais très honorée de la confiance que la maman de David me faisait et je ne voulais surtout pas la décevoir. Je jubilais à l’idée de dresser un portrait fidèle de ce petit garçon, à partir des éléments « bruts » qui m’avaient été livrés. La tâche, bien qu’en apparence ardue, m’enchantait plus que jamais.

 

Une démarche authentique


Je débutai mon travail en me faisant un point d’honneur de rester authentique à la fois dans ma démarche et dans mon écriture, et de ne pas me laisser aller à l’interprétation des propos de la maman. L’enjeu - et non des moindres - loin de me rebuter, ne faisait qu’accroître mon souhait de mener à bien ce projet qui me tient tant à cœur et dont je commençais à mesurer le bien qu’il pouvait faire - aux parents aujourd’hui, aux enfants plus tard, lorsque ceux-ci liraient leur portrait.

Avant de commencer l’écriture à proprement parler du portrait, j’identifiai les éléments clés que la maman m’avait confiés. Parmi eux, une expression me conquit aussitôt, une expression qui résumait à elle-seule ce que David représentait pour ses parents, une expression à la fois tendre et puissante, comme l’est l’amour inconditionnel d’un parent pour son enfant. Ce serait avec ces mots que commencerait le portrait de David :
« Voilà trois ans déjà que le printemps t’a accueilli.
Trois ans que tu illumines la vie de ta maman et de ton papa de ta belle présence.
Trois ans que tu observes le monde de tes yeux rieurs, que tu te l’appropries malicieusement, que tu l’investis de ta tendresse, que tu poses sur lui ton regard rêveur et que tu l’inondes de ta joie de vivre. »

 

Un portrait qui se construit peu à peu


Je laissai alors ma plume glisser en picorant, de-ci de-là, ce qui allait devenir l’ossature du texte. Celui-ci prit forme peu à peu.
Son sujet était passionnant et d’une incroyable richesse : David. Du haut de ses trois ans tout juste fêtés, il m’inspirait beaucoup, et d’autant plus que j’avais à ma disposition un matériau formidable : les mots que sa maman avait posés sur sa personnalité déjà bien affirmée.
Outillée de ma faculté à lire entre les lignes et de ma passion du verbe, je me suis mise à façonner, avec humilité et méticulosité, un récit de vie aussi authentique et unique que l’est David.
« Ta curiosité insatiable fait de toi un petit être bouillonnant de mille pourquoi qui explore avec délice l’univers fascinant des lettres et des chiffres dont tu perces déjà les mystères. »

Plus le portrait se précisait, plus le plaisir d’écrire sur ce garçonnet si attachant grandissait :
« Espiègle, tu rigoles à chacune de tes blagues… et de celles de ta maman qui cultive ton appétence pour les traits d’esprit et s’en émerveille. Tout comme toi, elle taquine les mots… et tes doigts, dont elle s’empare avec tendresse et dit avec malice que ce sont « de jolies antennes d’escargot ». Tu en ris, tu soulignes et rectifies la supercherie, elle rétablit la poésie… et c’est reparti ! C’en est devenu votre instant, votre rituel. »

 

Lire entre les lignes


Avant de poser le point final, je regardai les photographies que la maman de David avait souhaité m’envoyer en même temps que le questionnaire complété. Ces instantanés de vie m’étaient une matière très précieuse : ils me donnaient à découvrir David sous un jour nouveau et à en ressentir l’énergie autrement qu’à travers ce que j’avais perçu par l’écrit. Ils allaient me permettre d’affiner mon ressenti et de transcrire sur le papier, avec encore plus de subtilité, qui était David.

Dès le début de mon processus d’écriture, j’avais choisi de rédiger mon premier « jet » à partir des éléments que la maman de David m’avait confiés par écrit, et ensuite de regarder son garçon - et non de m’appuyer, pour débuter, sur les images que j’avais de lui : il me semblait essentiel - et naturel - de trouver mes mots et de laisser se déployer ma capacité à capter les choses à partir des mots d’autrui. Ce n’est donc qu’une fois mon texte achevé que je regardai les photos. Celles-ci me confirmèrent aussitôt ce que j’avais perçu entre les lignes. Je fis de petits ajustements et livrai à la maman de David le portrait de ce dernier - presque à regret, tant j’avais aimé chercher les mots qui raconteraient si bien David.

J’aimais beaucoup le texte que j’avais écrit. La maman de David également.
Et c’est cela, finalement, qui comptait le plus pour moi : l’émotion que j’étais capable de ressentir, de retranscrire et de susciter.

 

Le début de l'aventure de l'écriture de portraits d'enfants


Depuis, d’autres portraits ont vu le jour, dont je relate la façon dont ils ont vu le jour dans la rubrique « Effervescences » : vous pourrez y découvrir la chronique du portrait écrit de Raphaël, de Clément, d'Emile ou encore de Gabrielle. Des portraits qui sont finalement bien plus que des portraits : ce sont des présents qui, je l’espère, accompagneront chaque enfant sur son chemin et l’aideront à s’y épanouir.

A votre tour, souhaitez-vous vivre cette aventure haute en mots et en émotions ? Je vous invite à pousser la porte de l'atelier si l’envie de me confier le portrait écrit de votre enfant vous gagne : je me ferai une joie de poser les mots sur son univers.

 

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