Chronique du portrait écrit de Clément,11 ans

entete article Le portrait de Clement Effervescences VcommeSamedi

Mon aventure de l’écriture de portraits d’enfants s'est poursuivie avec Clément - et beaucoup d'émotion.

 

Au fur et à mesure que j’avançais dans mon projet, je réalisais que je me détachais de plus en plus des photos que j’avais proposé aux parents de m’envoyer, et que leurs mots m’étaient finalement bien plus précieux. Tellement plus précieux.

Les mots : un précieux matériau


J’aime les mots. Qu’ils soient dits, entendus, chuchotés, écrits, murmurés ou chantés. Ils me sont ce que la terre est au céramiste : une matière parfois rugueuse, quelquefois douce, tour à tour rigide ou souple, mais toujours fascinante. Une matière que j’aime à travailler, que je façonne, que j’apprivoise et que je modèle toujours avec jubilation, patience et tendresse, afin de donner corps à mes pensées, vie à mes idées, force à mes convictions ou sens à mes émotions.

Dans ma démarche de portraits écrits, ce sont d’abord les mots des parents qui surgissent : ils sont la matière brute dont sera fait l’écrit sur leur enfant. Cette matière, j’entends à chaque fois l’appréhender, la manipuler et la sculpter sans la dénaturer : je mets un point d’honneur à demeurer fidèle à tout ce qu’elle m’a livré, tout en y puisant ce qu’elle contient de plus précieux et en la sublimant, de façon à faire émerger ce que j’y perçois de plus beau, de plus doux, de plus touchant. C’est bel et bien là tout l’enjeu de mes portraits écrits : mettre en mots et en lumière un enfant et toute sa richesse.

 

Toujours rester à la hauteur des confidences des parents


Chaque nouvelle découverte des confidences des parents sur leur enfant est un moment fort. Porte ouverte sur des existences, le questionnaire qu’ils ont complété témoigne de la confiance qu’ils m’accordent : ils m’y livrent des anecdotes, me content des histoires, m’envoient des émotions, me dévoilent des pensées, m’offrent des instants de leur vie, et, à chaque fois, j’en suis très émue - et reconnaissante. J’invite les parents à écrire sans se préoccuper des figures de style ou des tournures de phrases : seules la sincérité et la spontanéité de leurs réponses comptent, elles sont les garantes d’un portrait authentique.

Lorsque j’ai pris connaissances du questionnaire de Juliette sur Clément, son fils aîné, j’ai été profondément émue. Entre ses lignes, je découvrais un garçon d’une grande sensibilité, profondément attaché à sa famille et ses amis. « Comment t’imaginer autrement qu’entouré ? Les autres comptent tellement pour toi… et te le rendent si bien. D’une grande finesse, sensible et attentif à autrui, tu es très apprécié de tous, des petits que tu accompagnes avec bienveillance, comme des grands que tu touches par ta gaieté, ta politesse et ta gentillesse - qui te valent force compliments. »

Dans les lignes laissées par Juliette, je devinais aussi, au-delà de son immense amour pour son fils, sa volonté farouche de préserver Clément de ce que leur vie leur fait parfois vivre de difficile. Car Clément est aussi le grand frère d’Emile, un petit garçon un peu différent comme on dit, envers lequel Clément est très attentionné. « Tu prends ton rôle de grand frère à cœur. Tu accompagnes Emile sur son chemin, avec bienveillance. Tu lis en lui et sais anticiper ses réactions, ce qui ne manque pas d’émouvoir ta maman. » Pour autant, sa maman tient à épargner le plus possible Clément, en le laissant vivre avec ses pairs ce que n’importe quel enfant de son âge aspire à faire. « Ta maman met un point d’honneur à maintenir le lien avec chacun de tes complices de jeux. (…) Elle ne refuse jamais une proposition de sortie ou une invitation chez les voisins. (…) Elle te voit si contraint à la maison qu’elle souhaite que tu puisses t’échapper de ton quotidien parfois compliqué qui l’émeut tant, et que tes ailleurs te soient l’occasion de belles évasions. »

Est-ce parce que moi aussi je vis la différence dans ma propre famille ? Sans doute. Mais là n’est pas l’essentiel. Je ne veux surtout pas que ce soit l’essentiel : j’ai à cœur, pour chacune des familles qui fait appel à moi, de recueillir et d’accueillir ses confidences dans le seul but de livrer un écrit authentique et émouvant, qui révèle ce qu’il y a de plus beau chez un enfant. Cependant, je dois bien admettre que, m’étant reconnue dans le quotidien de Juliette et dans son envie d’offrir le meilleur, du temps et de l’attention à chacun de ses enfants, j’ai été particulièrement sensible à ce qu’elle m’écrivait - et même parfois, à ce qu’elle taisait mais que je lisais malgré tout.

 

Le pouvoir des mots, le pouvoir de mes mots


La puissance des mots est telle que j’en ai parfois le vertige. Je suis toujours impressionnée de constater comment un simple mot peut tout changer, en bien comme en mal. Dans mes portraits écrits, je ne garde que le bien. Tout en veillant à demeurer fidèle aux confidences. Aussi pour Clément, malgré la souffrance qui veillait entre les lignes laissées par sa maman, ai-je eu à cœur de ne conserver que le beau - et du beau il y en a ! Ce portrait, Clément le lira, peut-être très prochainement, sans doute plus tard : si le sourire apparaît sur son visage alors qu’il parcourra mon texte, alors j’aurai réussi. Et j’en retirerai, non pas de la fierté, mais une grande joie : celle d’avoir pu contribuer, avec mes mots, à apporter un peu de bonheur.

Juliette, quant à elle, a lu le portrait de Clément aussitôt que je le lui ai envoyé. Et l’émotion était bel et bien au rendez-vous : « C’est drôle comme ton texte m’a émue. Pour être sincère, une larme s’est écoulée toute seule. » J’avoue : en lisant les mots de Juliette, une larme a également coulé sur ma joue. Une larme de joie. Avec mes mots, juste avec mes mots, j’avais réussi à profondément émouvoir, en bien. Je mesurais seulement le bel impact que je pouvais avoir sur autrui, avec mes mots, juste avec mes mots. « Comme tu écris incroyablement bien, l’émotion passe de manière très intense. » a ajouté Juliette.

 

Un écrit authentique


Portée par les anecdotes détaillées de Juliette, j’ai poursuivi avec entrain l’écriture du portrait de Clément : « Tu es le grand frère d’Emile, un petit frère un peu différent, comme on dit. Un petit frère dont tu as vite compris qu’il ne parle pas comme vous tous : « Il parle avec le cœur » avais-tu affirmé alors que tu n’avais que sept ans. Tu en as onze aujourd’hui. Et tu n’as rien perdu de ton extraordinaire faculté à percevoir ce que chacun ressent et garde parfois profondément enfoui. »

Plus j’avançais dans le portrait, plus j’étais touchée par la personnalité de Clément, et notamment par son empathie : « A six ans, l’âge des premières lectures et des lignes d’écriture, tu lisais déjà dans le cœur des autres. Te souviens-tu de ce que tu avais dit de Mélanie, venue un jour te récupérer à l’école ? « Elle avait le cœur lourd. » avaient été tes mots. D’aucuns les auraient considérés comme anodins. D’autres n’y auraient même pas prêté attention. Ta maman ne les a pas oubliés. « Elle avait le cœur lourd. » Et le tien, rempli de toutes ces émotions que tu captes. Parfois, cela t’est pesant, tellement tu absorbes tout ce qui t’entoure. »

Parmi toutes les anecdotes que Juliette m’avait confiées, il en est une que j’ai été particulièrement attendrie de relater : « Tu es un garçon observateur et doté d’une grande sensibilité, qui saisit de suite, relève, révèle et sait apprécier toute la beauté des choses - même les plus simples, comme les arbres en fleurs ou une table bien dressée. ».

Visiblement, d’après Juliette, j’ai su apprécier toute la beauté du tempérament de Clément : « C’est un très joli portrait et c’est incroyable de pouvoir retranscrire un caractère aussi justement. ».

 

Un cadeau de la vie


Depuis, d’autres portraits d’enfants ont vu le jour dans la rubrique « Effervescences ». Vous pourrez y lire la chronique du portrait de David ou encore de Gabrielle. Je ne souhaite qu'une chose : que chaque portrait soit perçu comme Juliette a accueilli celui de Clément : « un cadeau de la vie ».

Et vous, souhaitez-vous faire ce voyage dans l’univers des mots ? Je vous invite à pousser la porte de l'atelier si l’envie de me confier le portrait écrit de votre enfant vous gagne : je me ferai une joie de poser les mots sur son univers. 


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