Chronique du portrait écrit d'Emile, 7 ans

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Mon voyage dans l’écriture de portraits d’enfants a pris une nouvelle direction avec Emile, un petit garçon de sept ans.

 

Emile, c’est le petit frère de Clément. Un petit frère un peu différent, comme on dit souvent. Le défi de parvenir à retranscrire, avec mes mots, ce que Juliette, la maman de Clément, m’avait confié, était encore plus grand que pour les autres enfants : il me fallait laisser sur le bas-côté les difficultés liées à la différence d’Emile sans pour autant idéaliser la vie d’un enfant différent et le quotidien auprès d’un enfant pas tout à fait comme les autres.

 

Célébrer la richesse d'un enfant


Dans les lignes remplies par Juliette, la maman d’Emile, je lisais son amour inconditionnel pour son petit et le soleil qu’est Emile : c’est cela que je décidai de mettre en lumière.
« Tu es sans conteste un garçon attachant qui ne laisse personne indifférent. Un garçon de sept ans qui est au monde à sa façon - une bien jolie façon qui émeut tant ta maman. »

Auprès d’Emile, Juliette a appris et apprend constamment. La patience, avant toute chose. Car Emile apprivoise le monde à sa façon : « Tu vis et investis le temps, l’espace, les choses, les mots et les émotions comme personne d’autre. »

Comme toute maman, Juliette comprend son enfant sans qu’il n’ait besoin de parler. C’est d’autant plus vrai, et pas toujours facile à vivre, qu’Emile a son propre langage : « Les mots, tu les apprivoises petit à petit et les distribues avec parcimonie. (…) Parfois, tes mots gardent leur part de mystère, tout comme toi. Ils ont un sens mais demeurent inaccessibles : toi seul sais ce qu’ils signifient. Que ne donnerait-on pour posséder la clé et accéder à ton monde calfeutré ! Mais tu en décides autrement en ne te livrant que peu. »

 

L’écriture de portrait d’enfant : une aventure placée sous le signe de l’échange et de la confiance


Plus j’avançais dans l’écriture du portrait d’Emile, plus j’étais touchée par ce que la plume de Juliette révélait. Elle m’a écrit combien elle trouvait juste ce que j’avais écrit : « C'est dingue tout ce que tu peux ressortir et retranscrire d'un texte. Comme si tu avais une sensibilité, voire un pouvoir magique, qui te permet de cerner parfaitement bien les personnes et les ambiances sans les connaître plus que ça. » Mais c’est bien parce qu’elle-même m’avait livré de riches anecdotes que j’avais pu entrer dans le monde de Clément et en saisir sa complexité.

C’est là tout le fondement de ma démarche : je ne peux livrer un portrait fidèle d’un enfant que si les parents investissent pleinement le questionnaire : celui-ci, bien qu’élaboré avec des questions simples en apparence, n’en demeure pas moins essentiel. Plus il sera agrémenté d’anecdotes précises, plus je serai en mesure de bâtir un portrait authentique.

C’est bien ainsi que Juliette a vécu le voyage. Elle ne m’a pas simplement écrit qu’Emile adorait les animaux : elle m’a dévoilé qui il était auprès d’eux. Et mes mots ont pris le relais : « Auprès des animaux, tu trouves l’apaisement et le bien-être. Tu adores jouer avec Noodle, la chienne adoptée l’an passé par ta famille, et faire de l’équitation. Durant les vacances, tu montes à cheval tous les jours. Tu t’adonnes à cette activité avec un plaisir non dissimulé et une facilité déconcertante qui t’écartent des chemins de traverse, te font quitter les routes semées d’embûches, te mènent vers les voies de l’espoir et te font emprunter les mêmes itinéraires que les autres enfants. »

 

A chaque enfant son portrait


Pour chaque portrait, et encore plus peut-être pour celui d’Emile, j’ai toujours gardé en tête ce qui m’anime dans ma démarche : offrir du bonheur avec mes mots. Cela peut sembler anodin, mais c'est loin de l'être au quotidien : un simple mot peut tout changer. Je fais en sorte que les miens parviennent à apaiser, à faire sourire, à faire du bien, tout simplement, sans verser dans l’interprétation ou la déformation des confidences des parents. D’après Juliette, j’y suis parvenue : « Merci mille fois pour ce beau portrait. À l'image de celui de Clément, il m'a touchée et colle parfaitement bien à la réalité. ». Quelle joie pour moi que de lire ces lignes !

J’ai adoré écrire sur Emile. A poser des jolis mots sur sa personnalité si riche : « Ta maman dit de toi que tu es une énigme. Assurément, tu en es une ! Comment pourrait-il en être autrement ? On ne lit pas en toi comme dans un livre : tu entretiens le mystère de qui tu es et ne te dévoiles qu’à peu d’élus. A bien y réfléchir, tu n’es pas tant une énigme qu’un magicien… Car qui peut se glorifier de rendre la vie tout à la fois compliquée et captivante ? Qui peut s’enorgueillir de bouleverser autant les âmes que la vision des choses ? »

 

Une question de sensibilité


Ma sensibilité m’a parfois desservie… On m’a même dit qu’il me fallait m’endurcir. J’ai tenté. J’y suis parfois arrivée. Mais c’est plus fort que moi : je ne peux bâillonner qui je suis et ce que je ressens. Tout au plus, je peux essayer, de temps à autre, de camoufler un ressenti ou une émotion derrière des mots ou une attitude. Mais définitivement, je ne peux me défaire de ma sensibilité que je perçois et vis désormais comme une richesse, et non une faiblesse. C’est grâce à elle, et à elle seule, que j’ai avancé, que j’ai cheminé, que j’ai bâti ma vie. Ma sensibilité, c’est un phare. C’est mon phare. C’est grâce à elle que je décèle ce qui est enfoui, que j’entends ce qui est tu, que je vois ce qui est caché.

Emile m’a bouleversée. Sa sensibilité à lui balaie la moindre des certitudes, envoie au loin les pensées les plus rigides et invite à voir. Pas différemment. Juste voir. Et percevoir.

« Alors que tu n’étais encore qu’un bébé, ton regard parfois absent se faisait soudain perçant : tu semblais avoir tant à apprendre aux autres, que les autres ne sauront jamais, faisant de toi le seul garant d’un savoir fantastique que tu ne parviens à dispenser. Ta maman en est déroutée : elle te sent tellement intelligent et en même temps si prisonnier de toi, elle sait tes connaissances et ne comprend pas que tu les gardes pour toi. Est-ce parce que le monde avance trop vite pour toi ? Car du temps, il t’en faut. »

 

Un voyage émouvant dans l'univers des mots


Du temps, il m’en faut aussi pour aboutir à un portrait. C’est un travail subtil et tout en finesse. Je dis souvent que l’aventure du portrait écrit est un voyage, pour les parents, comme pour moi. Un voyage que nous faisons côte à côte. Un voyage dont je sors grandie à chaque « rencontre » avec un enfant. Ma « rencontre » avec Emile, je l’ai vécue avec infiniment d’émotion et d’admiration pour la belle personne qu’il est, malgré ce qui l’entrave : « Connaître la valeur de la vie et savoir remercier cette dernière : n’est-ce pas là l’essentiel ? Tu l’as bien compris, Emile, du haut de tes sept ans et de ta sensibilité hors-norme ! Ta maman n’a pas oublié les mots que tu avais prononcés à la première écoute du mantra qu’elle aime à te dire le soir au coucher (…). A ses mots à elle, devenus depuis votre rituel, tu as répondu avec les tiens, sans aucune maladresse, avec délicatesse, et tout en finesse : « Merci la vie, vive la vie ! ».

Juliette m’a également bouleversée avec les mots qu’elle m’a adressés après avoir reçu le portrait écrit d’Emile : « J'étais tellement émue et touchée qu'aucun mot ne pouvait ressortir. Je trouve que ça remue beaucoup de choses, ces textes. Encore merci du fond du cœur ! »

D’autres portraits ont vu le jour. J’en raconte l’histoire dans les autres articles de la rubrique « Effervescences » . Je vous invite à les lire afin de découvrir plus en détail ma façon de travailler.

Et si vous êtes décidé.e à poser les mots sur l'univers de votre enfant, je vous invite à pousser la porte de l'atelier : c'est là que le voyage du portrait écrit commence. Prêt.e à embarquer ? 


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